Des mosaïques de Carthage

Par Zaher Kammoun

Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire.

Les thermes d'Antonin حمامات انطونينوس

Les thermes d'Antonin de Carthage

Le visiteur peut aujourd’hui voir plusieurs vestiges : le quartier punique, le théâtre, l’amphithéâtre, les citernes de Malga, les thermes d’Antonin, le quartier de Magon, les ports puniques, le tophet….

Ces édifices ont donné plusieurs pavements de mosaïques. Ces pavements sont exposés dans des musées ou encore in situ. Voila quelques uns :

La mosaïque de Bir Ftouha

Mosaïque de déambulatoire de l’église du pèlerinage de Bir Ftouha (Carthage). Entrelacs de cercles avec médaillons habités d’oiseaux avec des roses et des corbeilles. Epoque byzantine. Musée du Bardo

Musée Bardo متحف باردو

La mosaïque de la lionne

Dans un décor floral, un carré concave meublé d’une lionne bondissant à droite. Carthage. Musée du Bardo

Musée Bardo متحف باردو

La mosaïque des saisons  de Carthage

Avant-trains d’animaux, masques et bustes des deux saisons: printemps et hiver. 3ème siècle après J.C. Maison romaine. Carthage. Musée du Bardo

Musée Bardo متحف باردو

La mosaïque à décor de jonchée de Carthage

Les mosaïques à jonchée sont formées d’un décor parsemé de branches coupées chargées de fleurs ou de fruits, entre lesquelles se répartissent sans ordre des petits animaux comme les volatiles et même des personnages

Musée du Bardo متحف باردو

Le meilleur exemple de jonchée en Tunisie est le pavement de Carthage. Il illustre des volatiles et des quadripèdes. Ce décor à été identifié comme une volière. Ce pavement a été trouvé dans une maison romaine appelée aujourd’hui la maison de la volière

Les villas romaines de Carthage

La maison de la volière

Le pavement est formé d’un champ couvert de végétaux, entre lesquels se trouvent des paons, une gazelle, un chevreau, un lièvre, un hérisson, un lézard et même un singe

Cette mosaïque est exposée aujourd’hui au musée du bardo et date de la fin du 3 ème siècle après J.C

La mosaïque des Néréides de Carthage

Au début du 4ème siècle après J.C, un grand pavement de Carthage figure, en avant plan, d’une série de constructions, une mer peuplée d’Amours, de dauphins et de monstres marins. Au milieu desquels voguent de gracieuses Néréides qui sont représentées tout nues

متحف باردو Musée Bardo

L’une d’elles montée sur un dauphin, tient de ses deux mains écartées, une sorte de guirlande rouge. Au cou, aux bras et aux pieds, elle porte de riches bijoux

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque du paon et des chevaux de Carthage

Cette mosaïque trouvée à Carthage dans la maison du paon, date de la deuxième moitié du 4ème siècle après J.C

Musée Bardo متحف باردو

La partie supérieure du pavement est semi circulaire et montre un paon qui symbolise avec sa queue déployée et constellée, la voute étoilée du ciel.

Au dessous du paon, on voit quatre étalons parés de colliers au quatre des factions affrontés par couples, de part et d’autre d’un cylindre de prix et broutent, chacun, une plante qui symbolise une saison : les verts au printemps, les rouges à l’été, les bleus à l’automne et les blancs à l’hiver

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque des chevaux vainqueurs de Carthage

Ce pavement date du 4ème siècle après J.C. Il a été trouvé en 1960 dans un édifice près de l’édifice des colonnes et exposé aujourd’hui dans la maison de la volière à Carthage (les villas romaines). Il a une longueur de 12m et une largeur de 9m

Maison de la volière Carthage

Vue générale du pavement

Le pavement est formé d’une alternance de carrés en opus sectile et de tableaux en mosaïque très fine renfermant généralement l’image d’un cheval de course

Le pavement

Le pavement

Généralement en plus de l’image du cheval on peut voir dans le carreau une représentation d’un personnage divin, un sujet mythologique ou une scène de la vie quotidienne : on peut voir Jupiter, Minerve, Neptune, Mars, Mercure… parmi les thèmes mythologiques on peut voir Orphée charmant les animaux, Enée fuyant Troie, Thétis plongeant Achille dans les eaux de Styx, le saut de Leucade par Sapho, la louve allaitant Romulus et Rémus. Les scènes de vie montrent des athlètes, des pugilistes, des chasseurs, des joueurs de dés et d’autres activités familières…

Quelques médaillons

Les chevaux ne portent pas de noms mais les figures qui accompagnent les chevaux peuvent donner une idée sur leurs noms. Ainsi on peut les nommer Neptunius, Icarius, Aeneas, Géryon, les juments Sapho et Danae. A partir des scènes de vie quotidienne on peut avoir les noms suivants : le chasseur, le lièvre, le coureur, l’athlète

C’est une manière originale pour indiquer les noms des chevaux

La mosaïque des 24 convives de Carthage

Cette mosaïque de Carthage est datée du 4ème siècle après J.C

musée Bardo متحف باردو

Elle montre 24 convives vêtus d’une tunique à manches et d’un manteau, assis sur des tabourets derrière de petites tables. Des serveurs circulent entre les tables et portent sur la tête des plateaux où s’entassent des morceaux de pain et sans doute aussi des gâteaux. L’un des domestiques s’apprêtent à découper, à l’aide d’un couteau, les viandes qu’un cuisinier, figuré dans l’un des angles du pavement entouré de réchauds et d’une marmite posée sur un foyer, vient de lui passer dans un grand plateau

Des coupes à boire et des bouteilles qu‘un esclave muni d’une cruche, remplit de vin à mesure qu’elles se vident, sont posées sur les tables, devant les convives

On voit au milieu de la salle, un jongleur en train d’exécuter des tours avec son cerceau et deux danseuses munies de castagnettes à long manche, qui rythment lentement leurs pas au son d’une flute de Pan soufflée par un vieillard chauve

La mosaïque de l’exèdre de Carthage

C’est une immense mosaïque du début du 4ème siècle trouvée à Carthage dans une vaste exèdre de forme polygonale

musée Bardo متحف باردو

La mosaïque de l’exèdre de Carthage

Elle présente des habitations de plaisance au bord de l’eau. On voit un véritable arc de triomphe surmonté par des statues. De part et d’autre, se disposent des pavillons rectangulaires bien éclairés par de larges fenêtres vitrées et grillagées, des constructions hautes, aux murs aveugles figurant peut être des thermes,  des tourelles et des portiques à colonnes

En arrière plan se trouve une campagne où serpente un sentier. Un kiosque quadrangulaire représente sans doute une chapelle

En avant plan, la mer est figurée grouillante de poissons, de monstres marins et de dauphins qui entourent de gracieuses néréides représentées toutes nues voguant à la surface de l’eau

Ce tableau est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

L’édifice à pièce trifoliée de Carthage

Ce bâtiment se trouve dans le parc des thermes d’Antonin à Carthage. Il est daté du 4ème siècle après J.C et situé en contre bas de la basilique de Dermech I

L'édifice

L'édifice

C’est une vaste cour de 330m2, elle est bordée au Nord Est par une abside et au Sud Est par une pièce trifoliée. Du Nord Ouest, une série de 6 pièces rectangulaires bordent la cour. La partie centrale est occupée d’un bassin rectangulaire

Édifice à pièce trifoliée Carthage

Le bassin

Cet édifice a pris sont nom grâce à la présence d’une salle trifoliée pavée en mosaïque

La mosaïque de l’édifice

Cette mosaïque présente un édifice circulaire (rotonde) à coupole et  à colonnes corinthiennes, flanqué de part et d’autre d’un portique. Il abrite quatre personnages couronnés munis de guirlandes et vêtus d’une courte tunique brodée de couleur blanche. Le fond est occupé par des rinceaux de vigne

Édifice à pièce trifoliée Carthage

La mosaïque

De chaque coté de ce pavillon, se dressent deux ailes moins élevées dont seule celle de gauche a subsisté : c’est une construction rectangulaire constituée par des colonnes de style corinthien qui coiffe un toit de tuiles à double pente. Son entrée, surmontée par un arc en plein cintre est décorée de rideaux retenus par des embrasses

Au dessus des bâtiments se développe un cep de vigne aux branches chargées de grappes

Ce décore évoque pet être les préparatifs d’une cérémonie religieuse

La mosaïque de la dame de Carthage

La mosaïque de la dame de Carthage a été découverte dans une maison tardive pendant les fouilles de la colline de Sayda en 1953

Cette mosaïque présente une femme avec une tête entourée d’u nimbe gris pale. La femme se présente de face dans une immobilité hiératique. Ses cheveux sont rassemblés en haut chignon retenu au dessus de la tête par un diadème orné de plusieurs bandes horizontales. A ses oreilles sont fixés de longs pendants

Son costume se compose d’une tunique jaune ornée de broderies et d’un manteau pourpre attaché sur l’épaule droite par une grosse fibule gemmée

La dame de Carthage

Sa main droite a l’index et le majeur tendus comme un geste de bénédiction. Sa main gauche est invisible et tient un long sceptre sommé d’une sphère

La coiffure, les bijoux et la délicatesse des traits font penser à une femme. Les vêtements par contre sont masculins

La datation de la mosaïque

Certains auteurs datent la mosaïque du 6ème siècle après J.C et identifient le personnage comme l’impératrice Théodora. Mais sa datation reste encore énigmatique, elle peut être de l’époque vandale ou byzantine

Ce tableau de mosaïque est exposé aujourd’hui au musée de Carthage

La mosaïque de Vénus de Carthage

Ce pavement attribué au début du 4ème siècle après J.C est trouvé à Carthage

La déesse Vénus est flanquée de deux groupes de trois naines montées sur des barques

Musée Bardo متحف باردو

Une draperie, rouge et bleue, posée sur l’épaule gauche de Vénus, lui recouvre le dos et la jambe droite. Le reste de son corps est entièrement dévoilé. Elle porte aux avant bras et aux poignets des bracelets d’or. Des anneaux du même métal ornent ses pieds. Une abondante chevelure noire encadre son visage. Aux oreilles s’attachent des pendants brillants et autour du cou s’étale un large collier d’or bordé de perles et d’émaux. Des deux mains, Vénus tient une couronne d’or qu’elle s’apprête à poser sur sa tête. Cette couronne est ornée de trois rangées de perles au milieu desquelles brille un gros cabochon de couleur bleue

La déesse est assise sur un dais qui est formé de quatre colonnes rouges à chapiteaux corinthiens et coiffé d’une coupole. A l’intérieur, on distingue un voile noir sur lequel se détache le dossier d’un trône orné de plaques incrustées, diversement colorées

Les deux barques, qui se dirigent vers l’ilot, ont la coque décorée de deux écussons verts, bordés de bleu

Les deux groupes de naines adoptent des attitudes symétriques. Deux parmi celles qui occupent la barque de gauche exécutent un pas de danse au son d’une flute dans laquelle souffle la troisième. Ces créatures portent des tuniques  de couleur jaune, verte ou rose rehaussée d’ornements divers

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque de Vénus à sa toilette de Carthage

Ce pavement de Carthage date de la fin  du 4ème ou du début du 5ème siècle après J.C

On voit au milieu d’une surface marine où évoluent des navires, des pêcheurs, des baigneurs  et divers poissons, un ilot rocheux ou se dresse un château fortifié muni de tourelles

Musée Bardo متحف باردو

Dan la partie inférieure du pavement, on  voit Vénus assise dans une coquille de grandes dimensions que soutiennent deux tritons

La déesse, le corps à moitié nue est occupé à sa toilette. D’une main elle tord sa chevelure et, de l’autre élève un miroir au niveau de son visage. Les angles de la mosaïque sont occupés par les Quatre Vents en buste, soufflant dans d’énormes conques

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque des animaux

C’est une mosaïque à valeur  commémorative, figurant un catalogue des bêtes présentées dans l’arène d’un amphithéâtre lors d’un spectacle offert par un riche personnage

Musée Bardo متحف باردو

Ce pavement date du 4ème siècle après J.C et exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque du cirque de Carthage

Cette mosaïque datée de la fin du 2ème siècle ou du début du 3ème siècle après J.C est trouvée à Carthage.

متحف باردو musée Bardo

Elle montre une image complète d’un édifice de cirque. Le cirque est vu de l’intérieur et de l’extérieur

De l’enceinte extérieure du monument, seule l’une des façades a été figurée : c’est un soubassement massif surmonté de deux étages d’arcades cintrées, vues de face. L’intérieur est présenté dans sa totalité.  Sur les trois cotés de l’édifice, les gradins sont entièrement masqués par un voile déployé et destiné à abriter les spectateurs. 7 ouvertures qui sont aménagées pour conduire les spectateurs à partir des galeries voutées, vers leurs places dans les gradins, se trouvent sur le coté long opposé à la façade. Sur cette partie se trouvent deux petits édifices à colonnes coiffés d’un toit à double pente  qui sont peut être des temples ou des loges pour les arbitres

L’enceinte du cirque délimite au centre une piste ovale. A droite on voit une large baie de la porte principale. De part et d’autre de cette porte, se trouvent huit loges fermées par des portes claires-voies et d’où les chars concurrents prenaient leurs départs

La spina se trouve au centre et divise la piste en deux parties. Ses extrémités sont hérissées de bornes autour desquelles tournent les attelages en compétition. Sur son socle on  trouve des ornements et des bassins remplis en eau

La scène de course a mis en compétition quatre cochers, parés des couleurs des factions et montés sur des chars légers à deux roues basses. Trois attelages sont en train de courir dans le sens normal et le quatrième dans le sens inverse. Ce dernier est sans doute le cocher vainqueur qui a déjà bouclé les 7 tours de piste réglementaires et ayant reçu la palme de la victoire

Une personne à pied munie d’une amphore et d’un fouet semble inciter par le geste l’attelage à ralentir sa course : c’est un fonctionnaire de piste dont sa tache consiste à arroser d’eau les naseaux des chevaux et les essieux surchauffés des chars

Cette mosaïque est exposée aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque des thermes d’Antonin

Cette mosaïque de Carthage est datée du 4ème siècle après J.C.

Les thermes d'Antonin حمامات انطونينوس

Elle présente  quatre chevaux disposés comme les ailes d’un moulin à vent, autour d’une tête commune qui, par un effet de trompe-l’œil, donne l’impression d’appartenir à chacun d’eux

La signification symbolique de l’œuvre n’est pas claire

Le pavement est exposé aujourd’hui au parc des thermes d’Antonin à Carthage

Les femmes armées d'Amazone de Carthage

Femmes armées (Amazones!) à cheval chassant des panthères, des léopards et des tigres. Fin du 4ème siècle, début du 5ème siècle après J.C. Carthage. Musée du Bardo

متحف باردو Musée Bardo

La mosaïque du cavalier vandale de Carthage

Cette mosaïque datée de la fin du 5ème ou du début du 6ème  siècle après J.C (période vandale) est trouvée à Carthage

musee-bardo-6

Elle présente une scène de chasse à courre dans un paysage plat où poussent des pins parasols et des plantes stylisées

Un cavalier au galop poursuit deux chiens et un faucon qui poursuivent des lièvres

Le rapace a déjà paralysé sa proie et s’apprête à l’enlever dans ses serres

Musée Bardo متحف باردو

En avant plan, on voit un long filet accroché entre deux arbres et à des piquets plantés à intervalles réguliers

Ce tableau est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

Le pavement d’abside de Carthage

Ce pavement date du 4ème siècle après JC et trouvé à Carthage

Musée Bardo متحف باردو

Il présente plusieurs registres superposés :

L’action commence en bas du tableau, mais malheureusement aujourd’hui cette partie est très dégradée. On voit dans un paysage boisé et accidenté trois piqueurs aux prises avec un sanglier qui a bondi hors de sa bauge. Le premier chasseur a déjà libéré le molosse qu’il tenait en laisse et appuie du geste son attaque. L’un des ses compagnons armé d’un épieu semble inciter le troisième chasseur à lâcher son chien

Le deuxième registre montre le sanglier poursuivi par les deux molosses qu’encourage l’un des veneurs. La bête fonce vers un filet en demi-cercle où elle va bientôt s’empêtrer. Derrière la piège se trouve un chasseur qui porte un sceau plein d’un liquide avec lequel il s’apprête, évidemment, à aveugler la victime et faciliter ainsi sa mise en mort

Au registre supérieur, on voit le sanglier abattu porté en civière  par deux chasseurs qui s’appuient sur un bâton. L’un des chiens lève la tête vers la dépouille de l’animal et semble japper de joie. L’autre précède l’équipage, le nez au sol comme s’il était sur la trace d’une deuxième proie

Ce tableau est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque de peau de panthère

Peau de panthère tendue, les pattes écartées. 3ème-4ème siècle. Musée du Bardo

Musée du Bardo متحف باردو

La mosaïque des scènes marines

Scènes marines: maison de plaisance, pêcheur à la ligne, Néréide nageant et des Amours pêcheurs. 3ème siècle. Musée du Bardo

Musée du Bardo متحف باردو

La mosaïque de la cage

Cage contenant un perdrix. Musée du Bardo

Musée du Bardo متحف باردو

La mosaïque de l'ours

Ours, maison romaine. 3ème siècle après J.C. Musée du Bardo

Musée du Bardo متحف باردو

La mosaïque de diverses scènes de chasse de Carthage

Ce pavement daté de la fin du 4ème siècle au 6ème  siècle après J.C est trouvé à Carthage

Musée Bardo متحف باردو

Il présente de diverses scènes de chasse, un sacrifice à Apollon et à Diane

La mosaïque est divisée en 5 registres :

On voit en haut une scène de départ pour la chasse : deux cavaliers suivis de deux valets à pied et un mulet lourdement chargé de provisions et de matériels divers viennent de quitter les bâtiments d’une maison forte et galopent déjà vers la droite

Dans le second registre, les deux chasseurs à cheval armés l’un d’une lance, l’autre d’un arc sont déjà aux prises avec des tigres

Les deux derniers registres sont occupés par des scènes de chasse : on voit deux cavaliers poursuivant un cerf, un autre aux prises avec un gros sanglier et un quatrième qui galope derrière une proie disparue. Aussi on peut voir trois veneurs cherchent à rabattre un lion dans une cage, à l’intérieur de laquelle un chevreau a été attaché en guise d’appât

Musée Bardo متحف باردو

De chaque coté de l’édifice, devant les cyprès s’alignent  de face trois personnages en tenue de chasse, armés d’une lance. A l’entrée du temple figurent un autel rectangulaire et une grue éventrée offerte en sacrifice au couple divin : Diane et Apollon

Paysage marin de Carthage

Paysage marin: coquillages, divers poissons et bouquets de fleurs de lotus. 4ème siècle. Carthage. Musée du Bardo

متحف باردو Musée Bardo

La mosaïque du Seigneur Julius

Cette mosaïque a été découverte à Carthage par Alfred Merlin en 1920  sur le flanc nord de la colline de Byrsa près des édifices des colonnes et datée de la fi du 4ème siècle ou du début du 5ème siècle

Elle mesure 4,50 mètres sur 5,65 et composée de 3 registres

La mosaïque du Seigneur julius

La mosaïque du Seigneur Julius

Description des registres

Au centre se dresse une grande demeure présentée comme un château fortifié. Elle est construite en blocage épais et constituée par un corps de logis à deux étages auquel sont accolées aux angles deux tours carrées. Sa façade est aveugle et percée en son milieu par une seule ouverture cintrée que ferme une solide porte de bronze à deux battants. Chaque tour est couverte de toit en tuiles et comporte une porte rectangulaire et une fenêtre longue et étroite

La demeure

La demeure

Les deux tours sont reliées entre elles par une galerie placée en premier étage. Cette galerie est ornée en arcades et colonnettes en marbre blanc

Derrière le corps de logis et à droite se trouvent quatre tours rondes coiffées de coupoles (elles peuvent être des thermes), trois d’entres elles sont surmontées de cheminées d’où monte de la fumée. A gauche et près d’un palmier se trouve un bâtiment quadrangulaire construit en gros appareil et recouvert d’un toit de tuiles à double inclinaison. Il est percé par une large bais voutée qu’entoure un encadrement de marbre blanc et doit constituer l’un des pavillons du corps de logis

Autour du château se trouvent plusieurs scènes divisés en 3 registres :

Le registre du milieu

  • Le maitre au centre à gauche a chevauché un bel étalon gris pommelé, équipé d’un tapis. Il est vêtu d’un manteau rouge et d’une tunique blanche longue et ample ornée sur les manches de broderies bleu vert. Ses pieds sont chaussés de souliers blancs. Un valet à pied vêtu d’une tunique courte accompagne le seigneur. De la main gauche il tient une corde à laquelle est attaché un sac à provisions qui pend sur son dos et de la droite tendue en avant, il semble activer le cheval
  • De l’autre coté du château se trouve deux valets : le premier sans doute est rabatteur et tient d’une main un long bâton et maintient de l’autre sur son épaule un grand filet qui servira à organiser le parc dans lequel on poussera le gibier, il porte une tunique courte et serrée, un pantalon collant et des guêtres nouées au dessous des genoux. Son compagnon (il ne reste que ses genoux) tient en laisse deux lévriers bruns zébrés de noir ayant au cou un collier à anneau. L’un des chiens flaire le sol à la recherche du lièvre déjà caché dans un buisson

Le registre du haut

Il présente quelques scènes montrant deux saisons :

  • En haut et à gauche l’hiver : un petit garçon est en train de gauler un olivier l’autre ramasse les olives. Les deux paysans portent une tunique courte, une pèlerine à capuchon pointu et de hautes guêtres. A coté se trouve un chasseur qui arrive en courant, les bras chargés de deux canards. Son costume est composé de pantalon, d’une tunique à manches et d’un manteau muni d’un capuchon très ajusté à la tête. A droite de l’olivier, une servante à chevelure soigneusement peignée habillée d’une robe brune ornée de bandes verticales noires, apporte un panier rempli d’olives à la femme du seigneur qui est assise sur un banc rustique à l’ombre d’un bois de cyprès. Elle est vêtue d’une longue robe de soie transparente vert bleu très décolletée. Ses poignets sont ornés de bracelets en or. Une chevelure noire encadre sa tête et retombe sur ses épaules. De la main gauche elle s’appuie sur le banc et agite de la droite un petit éventail de paille tressée devant son visage. A coté d’elle se trouve un panier plein de fruits. sous le banc, une mue abrite une poule autour de laquelle picorent des poussins. Plus loin se trouve un coq qui gratte la terre
La femme du seigneur

La femme du seigneur

  • L’angle droite évoque l’été : on voit un champ de blé aux épis dorés et murs près duquel un vieux berger barbu assis à l’ombre d’un arbre chétif et garde un troupeau de moutons et de chèvres. Au pied du personnage est couché un chien. Un chien d’allure plus sauvage est attaché devant une hutte de paille. A gauche de cette scène, une servante blonde vetue d’une longue robe a pris un agneau nouveau né qu’elle présente à la châtelaine

Le registre du bas

Il présente aussi deux saisons :

  • A gauche se trouve le printemps : un jardin planté en fleurs est présenté. La femme du seigneur apparait cette fois debout, les jambes croisées et le coude appuyé sur une colonnette cannelée. Elle porte une longue robe de soie blanche, fine et transparente rehaussée de bandes verticales et broderies. Ses cheveux sont rassemblés en chignon au sommet de la tête et son front est ceint d’une large et riche diadème. De longs pendants ornent ses oreilles. Elle se contemple dans un miroir qu’elle tient de la main gauche et s’apprête à prendre, de la droite, le collier que lui propose une jeune servante qui porte un coffret d’ivoire incrusté de filets d’argent et ou sont rangés de nombreux bijoux. Avec sa chevelure blonde, retombant sur ses épaules et sa robe brune agrémentée de bandes verticales noires, elle rassemble fort à la jeune femme qui porte un agneau dans le premier registre. Devant la femme, un jeune garçon le dos courbé vide un panier plein de poissons. Derrière elle au milieu des rosiers, a été installé un grand fauteuil rouge et garni de coussin. Dans l’angle, se trouve un serviteur qui s’apprête à poser aux pieds de la châtelaine un panier plein de roses
La mosaïque du Seigneur julius

La mosaïque du Seigneur julius

  • A droite se trouvent les activités de l’automne : le seigneur nouveau représenté assis sur un banc entre un pommier en fruits et un ormeau autour duquel s’enroule une vigne chargée d’une lourde grappe. Il est vêtu d’une majestueuse tunique, longue et ample de couleur blanche, ornée de galons et de bandes pourpres. Il tend à la main droite pour recevoir un rouleau que lui remet un serviteur. Sur le parchemin est inscris le nom du destinataire D(omi) no Ju(lio) (au seigneur Julius).
  • Derrière Julius, a coté d’une porte métallique qui sert à fermer l’entrée du domaine, arrive un second serviteur portant sur le dos un grand panier rempli de raisin et tenant de la main gauche par les pattes postérieures, un lièvre vivant capturé sans doute dans la vigne

Cette œuvre exposée aujourd’hui au musée du bardo, présente un intérêt exceptionnel sur le plan documentaire. Il montre la vie quotidienne dans l’Afrique romaine au 4ème siècle surtout les grands domaines agricoles

Les mosaïques chrétiennes de Carthage 

La mosaïque funéraire d’Adeodatus

Ce pavement trouvé à l’église de Bir Ftouha de Carthage, date de la période byzantine

متحف باردو Musée Bardo

C’est une  mosaïque funéraire d’Adeodatus décorée d’une croix grecque

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque des lions affrontés de Carthage

C’est une mosaïque d’abside: elle possède un décor sur deux registres superposés. Pour le décor d’n bas on voit deux lions affrontés de chaque coté d’un axe de symétrie constitué par un pin parasol dont l’ombelle occupe la majeure partie du registre supérieur. Entre leurs pattes se trouvent des rosiers en fleurs poussant sur un sol ondulé.

متحف باردو Musée Bardo

Pour le deuxième registre, on voit, deux lièvres qui s’opposent de part et d’autre de l’arbre. Au dessus d’eux se trouvent deux colombes.

Ce pavement date du 6ème siècle après J.C. Il est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

Mosaïque des quatre fleuves du paradis de Bir Ftouha (Carthage)

Ce pavement daté de la période byzantine, a été trouvé à l’église de Bir Ftouha à Carthage

متحف باردو Musée Bardo

Le thème des quatre fleuves du paradis s’écoulant d’une montagne sur laquelle est posée une coupe.

Deux biches agenouillées s’abreuvent aux fleuves sacrés. Cette symbolique est un rappel du lien idiomatique entre le Christ et l’Eglise, à travers le Verbe

Ce pavement est exposé aujourd’hui au musée du Bardo

La mosaïque de Dionysos de Carthage 

Le dieu Dionysos ivre accompagné d'une panthère et soutenu par une Bacchante et un Satyre. Tout autour des Amours. Carthage. Fin du 3ème siècle après J.C. Musée du Bardo

Musée Bardo متحف باردو

Sources

  • Splendeurs de mosaïques de Tunisie, Mohamed Yacoub
  • Le thème des chevaux vainqueurs à travers la série des mosaïques africaines Ennaïfer Mongi
    Nouvelles observations sur la « Mosaïque des chevaux » et son édifice à Carthage Nicolet, Claude Beschaouch, Azedine
  • Encore « la mosaïque des chevaux» de Carthage : à propos de Polystephanus, le coursier aux multiples victoires Beschaouch, Azedine
  • Carthage, le parc des thermes d’Antonin ANP
  • Les merveilles du musée du Bardo, Mohamed Yacoub
  •  Peinture de pierres, les mosaïques du musée du Bardo, Mohamed Yacoub

Leave a reply

Your email address will not be published.